La ventilation mécanique contrôlée, le traitement d’air….
À quoi ça sert ? Comment ça marche ?

La chasse au gaspi est ouverte
Vaste programme … Mieux isolées, chauffées avec l’électricité ou le gaz, nos habitations deviennent plus imperméables aux calories extérieures et forcement aux entrées d’air…
Mais il faut que la maison respire, moisissures, mauvaises odeurs, buée sur les vitres sont des signes indicateurs d’une maison mal ventilée. Pour trouver une meilleure qualité d’air intérieur, pas de compromis… il fait aérer, ouvrir largement les fenêtres et créer un courant d’air (sans maîtrise de la quantité d’air qui rentre) ou installer une ventilation.

Les différents systèmes

La ventilation naturelle (avant la 1ére crise du pétrole)

Des grilles inertes laissent passer l’air extérieur vers les pièces humides (cuisine, salle de bains, buanderie, chaufferie).
Solution simple qui ne tient pas en compte les volumes d’air à traiter. Les entrées d’air sont aléatoires, inexistantes ou …obstruées par du papier, de la poussière ou les insectes…

La ventilation mécanique répartie

De petits ventilateurs électriques évacuent l’air des pièces humides, pilotés par un interrupteur ou une minuterie…
Les entrées d’air trouvent leur passage au travers des huisseries non jointives des pièces sèches telles que séjour, chambres etc. … et sous les portes fermées à condition qu’on les ait raboté ….
C’a fait du bruit et cela ne renouvelle pas l’air de toute la maison…..

La ventilation mécanique contrôlée simple flux dite auto réglable (à partir de 1975)

Des entrées d’air dans les pièces sèches et des bouches d’extraction dans cuisine, salle de bains, douche et WC…. Des gaines isolées (ou non) conduisent l’air à extraire vers un caisson alimenté par un moteur 2 vitesses sélectionnables par un interrupteur dans la cuisine, et hop…dehors l’air vicié et humide ! dehors les mauvaises odeurs, le monoxyde de carbone, les polluants et l’humidité du lave-linge et de la douche !
Ce principe est déclaré obligatoire dans les constructions en 1982
Avantage en cours…Le déplacement de l’air intérieur est contrôlé pour un confort de vie permanent
Mais le chauffage de la zone de vie doit réchauffer l’air entrant à – 5 ° quand il gèle….et…part aux petits oiseaux à 19 ° d’où une perte d’énergie notoire quand on en a le plus besoin. C’est aléatoire le reste de l’année car on conseille vivement de ne jamais arrêter le système (et 40 watts par heure consommé par le moteur…)
De même les polluants extérieurs (monoxyde de carbone, pollens, dioxyde d’azote etc.) ne sont pas filtrés par les grilles d’entrées d’air et sont inhalés par les occupants, même à faibles dose.
Et le débit (1ère et 2ème vitesse) reste le même, que l’on soit seul à bord ou que 30 chasseurs attablés arrosent chez vous la saint Hubert…

Un débit constant alors que le nombre d’occupants est variable ?
De l’air froid quand on a le plus besoin de chaleur ?

La ventilation mécanique contrôlée simple flux dite hygro réglable (à partir de 2000)

Amélioration de la ventilation simple flux et mise en place du système hygro réglable…. Qui permet de moduler le débit de l’air en fonction de son taux d’humidité
2 versions

La VMC « hygro A », avec des bouches d’extraction qui augmentent leur débit d’air extrait quand le taux d’humidité est élevé et en cas d’occupation…avec détecteur de présence pour les toilettes, avec une ficelle ou un interrupteur dans la cuisine…

La VMC dite « hygro B » avec en plus des entrées d’air qui se règlent également sur le taux d’humidité de l’air entrant, certaines sont acoustiques pour réduire l’effet des bruits extérieurs

De plus, la consommation du moteur d’extraction est réduite de moitié (soit 20 watts /+- 100 €/an)

la ventilation mécanique contrôlée double flux (à partir de 1980)

Des entrées d’air dans les pièces sèches et des bouches d’extraction dans cuisine, salle de bains, douche et WC…. Des gaines isolées (ou non) conduisent l’air à extraire vers un caisson alimenté par un moteur 2 vitesses sélectionnables par un interrupteur dans la cuisine, et hop…dehors l’air vicié et humide ! dehors les mauvaises odeurs, le monoxyde de carbone, les polluants et l’humidité du lave-linge et de la douche !
Encore appelée VMC double flux, ce système associe à la ventilation classique un échangeur thermique qui va récupérer la chaleur de l’air extrait pour préchauffer l’air entrant.
1 ventilateur pour extraire, 1 autre pour insuffler…. Des filtres pour l’air entrant et l’échangeur …
Avant de s’échapper vers l’extérieur les calories de l’air extrait à 19 °sont échangées par un système de plaques avec l’air entrant qui se trouve alors poussé dans les bouches d’insufflation à une température avoisinant les 14 °…d’où récupération d’énergie.

Des entrées d’air dans les pièces sèches et des bouches d’extraction dans cuisine, salle de bains, douche et WC…. Des gaines isolées (ou non) conduisent Les polluants extérieurs sont filtrés à 80 % c’est déjà pas mal
Le seul hic ? L’installation exige le double de gaines isolées et contraint à la fabrication de caissons, faux plafonds et des percements de dalle entre étages etc.
Avec les dernières évolutions la ventilation double flux devient hygro réglable et s’installe comme une chaudière murale dans le volume chauffé. Ne pas oublier d’évacuer les condensats par un siphon dit « sec » pour éviter les remontés d’odeurs dans l’appareil en intersaisons.
Et enfin, la ventilation double flux peut être thermodynamique … grâce à une pompe à chaleur réversible qui chauffera l’habitation l’hiver et la rafraichira l’été… cela nécessite une installation complexe et bien adaptée qu’il est prudent de laisser dimensionner par le concepteur….
La ventilation double flux thermodynamique est un système de chauffage complet, et adaptable directement aux constructions passives. La notion de rendement se transforme ici en coefficient de performance…

la ventilation avec le chauffe-eau thermodynamique (à partir de 1985)

Associer la fonction  eau chaude sanitaire (une part importante du budget confort) à  la ventilation  est présenté comme une alternative crédible depuis plus  de 30 ans….

L’air extrait ou  la chaleur de votre chaufferie sont captés par une petite pompe à chaleur habillée sur le dessus d’une cuve de chauffe eau …

Si le système, bruyant et fragile des débuts a été bien amélioré,  pensez à l’emplacement nécessaire et au fait que l’on ne peut chauffer raisonnablement une masse d’eau de 200 litres en toutes saisons pour toute la famille et les amis du week-end seulement avec la récupération de l’énergie de l’air extrait…d’ou la nécessité de faire travailler une résistance d’appoint de 1500 w en plus du ventilateur et du compresseur de 800 watts… le fonctionnement spécifique évite cependant le recours au stockage d’une masse d’eau de 200 litres uniquement sur le tarif heures creuses …

Bien évidemment tous le réseau d’extraction doit être redirigé vers cet appareil…

Et maintenant……. !? What’s news ????

Sous l’impulsion des normes BBC (Bâtiment Basse Consommation) initiées en 2007, complétées en 2012, 2015 et 2018 avec objectif de diviser par 4 la consommation énergétique d’ici 2050, des produits moins énergivores sont proposés pour des performances sans cesse accrues…

Les groupes simple et double flux sont devenus des produits de haute technicité, les ventilateurs intégrés modulent leur vitesse en fonction de la demande, les réseaux de gaines semi rigides de sections rondes  ou ovoïdes sont moins adhérents aux poussières et bactéries, peuvent être nettoyées pour certains  selon un protocole annuel…

De nouveaux produits font le buzz

La ventilation double flux décentralisée ou ventilation mécanique répartie

Pour la rénovation et les extensions de logements (de 15 à 70 m3/h) par appareil …

Le produit le plus commun s’installe dans la pièce à traiter à une hauteur de 1.40 m. La canalisation rejoint  l’extérieur par  un diamètre de 25 cm pour  60 cm de longueur hors tout …certains fabricants proposent des caissons extra plats …

La récupération d’énergie s’effectue à l’aide d’un échangeur de chaleur en céramique ou plastique haut rendement. Lors de l’extraction de l’air vicié, l’échangeur accumule la chaleur provenant de la pièce (charge) pour la restituer ensuite à l’air neuf entrant avant de l’insuffler dans la pièce (décharge). Un ou deux ventilateurs centrifuges de très faible consommation (0.2 w/m3/heure) favorisent l’échange thermique des flux,  silencieusement…

Un préchauffeur électrique intégré complète l’apport calorifique extérieur quand celui-ci est insuffisant, l’air entrant et sortant est purifié par des filtres démontables et nettoyables tous les 6 mois et enfin un bipasse 100%  motorisé pour l’été et l’hiver.

La régulation se pilote par impulsions sur l’appareil ou en option grâce à une application sur smartphone, tablette ou ordinateur …

L’échangeur  permet de fonctionner le système jusqu’à – 5° extérieur sans dégivrage de l’échangeur…

Et le plus important, le rendement thermique proposé par les constructeurs varie de  79 à 89 %

La ventilation mécanique par insufflation (VMI)

Une entrée d’air unique en toiture,  filtrée, et accessoirement réchauffée par un capteur, vient souffler sur un endroit central de la maison … par ce système, l’air est évacué par les réglettes  qui servaient jusqu’ à maintenant d’entrées d’air (utiliser des réglettes non hygro réglables)

L’accent est mis ici sur la qualité de l’air intérieur  et la santé des occupants face aux maladies respiratoires, asthme, allergies etc… On prend également au sérieux la qualité de l’air entrant face aux pollutions extérieures. Le problème lié aux antagonisme entre cheminée à foyer ouvert et vmc est également réglé.

Que penser cependant du problème d’évacuation de  l’humidité et des odeurs de …toilettes  qui  ne prennent  pas le chemin le plus court pour éviter vos narines ?

Voilà voilà ….tout ce qui nous paraissait important est posé dans cet article … nous ne saurions laisser la parole aux lecteurs sans laisser les dernières infos et recommandations de logimalin.fr …

MAIS VOUS FAITES BIEN CE QUE VOUS VOULEZ !!! VOUS ETES CHEZ VOUS. !. !. !!!!….

Tout d’abord notre article fait référence à la ventilation dans le logement…le domaine tertiaire n’est ici pas évoqué …
Nettoyez vos bouches d’extraction et d’insufflation une à 2 fois/an pour éviter les disfonctionnements dus à la poussière…ne les obstruez pas …le fonctionnement des capteurs d’humidité est en jeu…et le rendement général aussi. Le dépoussiérage du moteur est conseillé, autant que des filtres quand il y en a….
Chaque produit et chaque système répertorié plus haut garde ses qualités et ses défauts, à vous d’adapter au mieux votre choix à la topographie des lieux ….
Ne pas coupez votre ventilation… c’est interdit par le décret du 24 mars 1982…(mais si vous estimez pouvoir adapter la norme à l’utilisation, dites vous qu’installer une horloge limitant la ventilation obligatoire aux heures les plus propices de la journée ou de la saison vaudra toujours mieux qu’ouvrir les fenêtres des chambres pour aérer par – 10° et pendant ¼ heure voir 1heure ¼ quand on oublie de couper le chauffage, je dis ça, je dis rien)…
Une ventilation simple flux (modèle basique) consomme 40 watts /par heure soit +- 52 € à l’année, Comme elle durera plusieurs dizaines d’années et si l’installation est efficace vous remarquerez facilement un dysfonctionnement (moteurs ou roulements grillés, filtres obstrués etc.)
Pour le bon fonctionnement de chaque appareil, dissociez le circuit d’air alimentant une cheminée à foyer ouvert de votre circuit de ventilation…et ne raccordez pas la gaine de hotte de cuisine sur la ventilation, les débits se contrarient et surtout le gras de cuisson ne ferait pas de cadeau durable dans les gaines d’extraction…L’extraction de l’insufflation doit partir dans une tuile dite à douille en toiture ou en forget ….même si les 19 ° favoriseraient un pré chauffage des combles de l’habitation.
Utiliser impérativement des gaines isolées (0.3 mm d’épaisseur pour la gaine bas de gamme entre 19° extraits et -5 ° dans le grenier provoquent une condensation qui à terme se mesurera en litres d’eau, obstruera la gaine puis sous le poids s’arrachera et ira inonder le plafond plus bas…constat d’assurance …vétusté etc. …. De plus les gaines isolées ont la particularité de réduire les bruits de fonctionnement).
Dans le cas d’une ventilation non fixée sur une paroi verticale, pendez le caisson moteur par des ficelles ou isolez-le du sol pour éviter les vibrations.
Les bruits de sifflements (particulièrement décelables par les insomniaques) sont des défauts liés au choix des produits, de la vitesse d’extraction, du non-respect d’utilisation des gaines isolantes thermiquement et phoniquement… Un sifflement peut être annonciateur d’une gaine obstruée, d’une bouche encrassée ou de présence d’eau de condensation dans les gaines…Achtung…
Le test imparable consiste à vérifier si un papier se plaque sur chaque bouche et s’éloigne des soufflages d’air pour vérifier le bon fonctionnement de l’installation.
Et surtout si vous ne vous sentez pas de taille, confiez vos travaux à un vrai professionnel qui assurera l’installation dans les normes, les dépannages dans les temps et la garantie dans tous les cas…
Comment ne pas aborder le facteur géographique ? Confier le renouvellement d’air à un simple extracteur de salle de bains à Mouthe dans le Doubs est tout aussi stupide qu’une double flux à Aubagne dans les Bouches du Rhône…. (Voilà, ça s’est dit !) N’oublions pas que l’ennemi numéro 1 devant les polluants est bien l’humidité….
Les vitesses d’extraction imposées par l’arrêté du 24 mars 1982 fixe de 30 à 90 m3/h dans la cuisine, de 15 m3/h dans salle de bains et wc…limités par un clapet…donc pour un extracteur d’air commandé par un interrupteur ou une temporisation les débits peuvent être plus conséquent parce que limité dans le temps. (15 minutes d’extraction pendant et après une douche ou un voyage aux wc permettront à l’extracteur un débit 4 fois supérieur que 1 heure d’une vmc auto réglable) …. Faites vos calculs.et dites vous que si l’humidité sur le miroir de la salle de bains n’est pas dissipée en 10 minutes après la douche …eh bien, y a un « blême » … pensez en termes de volume à extraire
Nous parlerons dans un prochain article des puits canadiens et provençaux, des capteurs terrain etc … nous donnerons la parole à ceux qui les ont installés depuis de nombreuses années pour certains avec des taux de retours, des avis et des critiques (positives ou non) …
En parlant de calculs, sachez que le débit d’air intérieur peut se mesurer avec un instrument calibré… ces mesures seront les garantes de votre confort en économies d’air, de calories, de transfert d’humidité, de polluants, allergènes, composés organiques volatiles etc… il existe même un capteur pour mesurer la qualité de l’air intérieur consultable sur votre Smartphone. Nous vous en reparlerons rapidement….
Certains constructeurs proposent un accompagnement pour l’installation et à la mise en service de votre système
Les dernières tendances sur les salons professionnels voient arriver certains produits qui prétendent ventiler, chauffer, rafraichir et produire l’eau chaude sanitaire. Ces produits sont nés du constat que l’inertie thermique est mieux maitrisée dans les logements neufs, garants des normes RT 2012 et bientôt RT 2020. Wait and see comme dirait mon copain d’outre manche….
Trouvez vos priorités…
barrer la route à l’humidité ?
Eviter les entrées d’air polluantes ? particules fines, traitements agricoles, pollens… ?
Limiter l’air intérieur vicié ? monoxyde de carbone, dioxyde d’azote et de soufre, germes … ?
Economiser l’énergie de fonctionnement ? Cout du KW/H, impératifs BBC, énergie positive… ?
Fin du monologue….
A bientôt pour échanges, conseils, promos etc….

Les différents systèmes

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